Le Lesbian Tour du Louvre, 1ère partie…



Et si la Joconde était lesbienne ?


Le
palais du Louvre, l’un des plus grands musées au monde avec 8,3
millions de visiteurs en 2006, vous dévoile ses dessous saphiques dans
une visite guidée hors des sentiers battus; munissez-vous d’une bonne
paire de chaussures et d’une souris pour découvrir sur le site web du
musée, déjà consulté par 9,6 millions d’internautes, parmi plusieurs
milliers d’œuvres, celles qui ne sont pas exposées dans le musée. Alors
avant de prendre un bain avec d’affriolantes jeunes femmes et
d’assister au coming out de Mona Lisa, laissez-vous séduire par le Louvre antique et ses naïades, déesses et autres délicieuses créatures. Par
Cécile Duclos

L’héritage antique
Le
Louvre regorge de tableaux et de sculptures inspirés de thèmes
antiques, et dans les allées royales les nymphes et les allégories se
disputent la compagnie des déesses dans d’inoubliables garden-parties,
alors que Sappho et Hermaphrodite lorgnent sur les combatives Amazones.


Hermaphrodite ou le triomphe de la bisexualité
Commençons notre visite par la salle des Caryatides (Sully, RC, Salle 17) où assoupi sur un lit vous attend l’Hermaphrodite endormi (IIe
s. ap J.-C). Le dieu vu de dos possède tout des attraits d’une belle
jeune femme, de la cambrure des reins à la rondeur des hanches et des
fessiers, accentués par la blancheur laiteuse du marbre. Mais si l’on
contourne la statue, on aperçoit, niché dans les draps, un sexe
masculin. Car Hermaphrodite est avant tout l’incarnation de la
bisexualité, comme Ovide le conta dans ses
Métamorphoses. Fils
d’Hermès et d’Aphrodite, sa nature féminine naquit de la fusion de son
corps avec celui de la nymphe Salmacis, scène que peignit Francesco
Albani dit L’Albane (Denon, 1
er ét., Salle 12) dans Salmacis et Hermaphrodite (1630-1640). Un autre Dieu, Bacchus,
fut souvent évoqué comme un être androgyne; vous pourrez en croiser un
étonnant spécimen d’1m 70 parmi les peintures italiennes, également
dans la Grande Galerie (Denon, 1
er ét., Salle 8), appelé pudiquement Bacchus (IIe s. ap J.-C).


Les amazones, indomptables guerrières
Installons-nous à présent devant L’Amazone domptant un cheval (1843),
bronze réalisé par Jean-Jacques Feuchère (Richelieu, RC, Salle B), qui
représente une magnifique amazone au corps musclé chevauchant nue un
cheval sauvage. En détaillant les figures de la femme et du cheval,
leurs mouvements et leur chevelure, la nudité de la guerrière et de la
bête non scellée, vous ressentirez toute l’énergie sexuelle de cette
statue équestre. Une autre amazone n’est accessible que sur Internet
(base Atlas),
L’amazone blessée du type de « Sôsiclès » (IIe s. ap J.-C).

Sappho, 10ème muse
Une boucle par les salles voisines Barye et Chaudet pour un bref hommage à notre égérie Sappho,
surnommée la « dixième muse » par Platon : célèbre pour avoir dirigé à
Lesbos une école de jeunes filles, qui lui ont inspiré de magnifiques
poèmes d’amour, Sappho n’est malheureusement présente au Louvre qu’à
travers deux statues fort conventionnelles, Sapho et Phaon (1851) d’Eugène-Louis LEQUESNE (Richelieu, RC, Salle 33)  et Sapho (1801) de Claude RAMEY (Richelieu, RC, Salle 31).


Les stèles funéraires, lecture libérée
Direction
le département des Antiquités grecques, étrusques et romaines (Denon,
entresol, Salle 3) : prenez quelques minutes pour contempler le
fragment de stèle funéraire
L’exaltation de la fleur (480
– 450 av J.-C.), où deux belles jeunes femmes, mêlant sensualité et
délicatesse, se tiennent face à face, les yeux dans les yeux, une fleur
à la main. A présent, une petite pause détente pour le moins farfelue :
visible uniquement sur Internet, la stèle égyptienne des
Lamentations pendant l’enterrement (vers
1330 av J.-C)., mérite un examen approfondi, celui des pleureuses aux
nattes géométriques. Observez bien les deux femmes éplorées, l’une les
genoux et les coudes au sol, l’autre derrière, le  couple étant repris
en arrière-plan par d’autres couples dans une position similaire: ne
semblent-elles pas goûter à des plaisirs interdits, acclamées par leurs
semblables, les bras levés au ciel ?

Source : La Dixième Muse

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Un commentaire pour Le Lesbian Tour du Louvre, 1ère partie…

  1. Elle dit :

    Effectivement, j\’ai lu cet article l\’autre jour et il nous fait regarder les oeuvres d\’une façon un peu différente. Tes billets me donnent envie de retourner au Louvre… et autres musées. Il faut absolument que je m\’organise pour aller voir quelques expos car cela me manque. Il y a notamment l\’expo au musée Galliera, "Les années folles 1919-1929" qui se termine en février.
    Merci de nous cultiver et de nous donner l\’envie… d\’avoir envie…
    Gros bisous

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