Sur les traces des grandes exploratrices (2nd partie)




Pour l’anglaise Mary Henrietta Kingsley (1862-1900), la perte de ses parents bouleverse sa vie : elle décide de poursuivre l’expédition que son père avait entreprise en Afrique. Elle séjournera dans les tribus d’Angola qui lui apprendront comment survivre seule dans la jungle, se déplacera en canoë, découvrira des espèces de poisson inconnues, rencontrera des tribus cannibales et escaladera le mont Cameroun qui culmine à 4100 m. La typhoïde l’emportera en Afrique du Sud, où infirmière, elle soignera les prisonniers Boers des britanniques.

Amours exotiques



Parfois les liens tissés avec l’étranger vont au-delà de la curiosité, de la fraternité ou de l’amitié ; il arrive que l’exploratrice tombe amoureuse, et vive alors un amour interdit. Il sera doublement défendu dans le cas de la poétesse Renée Vivien (1877-1909) qui entretient une relation amoureuse et épistolaire (Lettres de Renée Vivien à Kérimé) avec « sa princesse orientale », Kérimé Turkhan Pacha, une jeune femme turque et cultivée appartenant à la haute société. C’est Kérimé qui contacte l’écrivain après avoir lu l’un de ses livres. Renée, qui voyagea à Mytilène, à Constantinople, au Japon, en Espagne, en Suisse, en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, en Italie, amis aussi à Jérusalem, à Athènes, à Bethléem, en Egypte, à Smyrne, à Corfou…, la rejoindra plusieurs fois à Istanbul. Elles échangeront de nombreuses lettre et cartes postales, éloquentes : « Le souvenir de ta chair m’épuise et m’enchante… Je ne puis oublier la saveur de tes lèvres… » et « Les feuillages sur ton balcon abritent notre joie tremblante… j’entends tes faibles et doux soupirs… Et c’est autour de nous le silence cher à l’amour. Tes yeux semblent plus vastes et plus profonds encore, au fond de cette ombre. Et tu me murmures, infiniment suave : je t’aime… Moi je t’emporte dans les étoiles, la nuit est à nous… », tout comme son poème « Elle demeure en son palais » (Flambeaux éteints).

A 26 ans, c’est sa majesté Rajah Vyner de Sarawak, le dernier des Rajahs Blancs que la femme de lettres Sylvia Brett (1885-1971) choisit d’épouser. En 1912, elle se rend sur ses futures terres à Bornéo, une immense jungle de 500 000 habitants chinois, malais et de chasseurs de tête Dayak. Cinq ans plus tard, elle sera intronisée première dame de Sarawak et deviendra la « Reine des chasseurs de tête ».



L’américaine Emily Hahn (1905-1997), éternelle rebelle et aventurière fumant le cigare, attendra de mettre les pieds en Chine pour succomber à la tentation des amours exotiques. Féministe acharnée, auteur d’une cinquantaine d’articles pour le New Yorker, c’est à peine diplômée qu’elle entreprend en voiture son premier périple avec une copine à travers les Etats-Unis (3900 km), toutes deux déguisées en hommes… Au Nouveau Mexique, elle devient guide. Puis elle part au Congo Belge, vit deux ans avec les pygmées dans une antenne de la croix rouge avant de traverser seule l’Afrique centrale à pieds. A trente ans, elle part au Japon et en Chine avec sa sœur. Elle reste cinq ans à Shanghai, ville où le scandale éclate : elle devient la concubine d’un poète chinois, s’adonne à l’opium et, cerise sur le gâteau, ne se sépare jamais de son singe. Elle rencontrera les figures politiques majeures Mao Tse-Tung et les sœurs Soong, puis en 1941, s’installera à Hong Kong où les japonais l’emprisonneront pendant la guerre, avant de rentrer aux USA.

Source : La Dixième Muse

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