Sur les traces des grandes exploratrices (3ème partie)


 
LES NOUVELLES AMAZONES
Les femmes guerrières des contrées reculées n’ont pas disparu avec les Amazones de la mer Noire. Au fil des siècles, des exploratrices au courage hors du commun poursuivront leur combat pour la liberté des femmes.
Les Jeannettes sans peur

Quel qu’ait été leur destin, quête épique ou tragédie, c’est avec héroïsme qu’elles y firent face. Comptant parmi les têtes brûlées, l’américaine May French Sheldon (1847-1936) relève en 1891 un défi de taille : monter une expédition pour l’est e l’Afrique. Non conventionnelle et intrépide, elle souhaite prouver que les femmes sont capables de faire tout ce que les hommes peuvent faire. Elle engage 138 porteurs dans le but de traverser le territoire de 35 ributs différentes, de Mombasa au pic du Kilimandjaro. La prenant pour une excentrique, les autorités britanniques tentent d’empêcher son départ en déclarant… que l’est de l’Afrique n’est pas un endroit pour une lady. Furieuse, ladite lady non seulement s’entêtera mais n’hésitera pas à dire ce qu’elle pense des relations entre colons et natifs, taxant la politique britannique et allemande d’ «inutile, atroce, en deçà des limites de l’humanité ». May retournera par la suite en Afrique, au Congo belge et au Libéria.

La fortunée Violet Olivia Cressy-Marcks (1895- 1970), férue d’archéologie, de zoologie, d’ethnologie et de géographie, fait  quant à elle plusieurs fois le tour du monde : à canoë, à cheval, en moto, à pieds… Bien que mariée, et deux fois, elle préfère partir seule. Lors d’un voyage en Amazonie (Up the Amazon and over the Andes), elle raconte : « la damnée créature [un serpent] me mordit sous le genoux […] Je décidai de prendre un café, de faire une promenade et un somme, et si je devais mourir… J’étais en paix avec le monde, alors… Il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. » Entre temps, elle avit saisi le serpent, l’avait sorti de la moustiquaire manu militari, était partie chercher une pierre pour écraser la tête du reptile avant de découper la morsure au scalpel pour y appliquer une tablette de permanganate de potassium… En 1937, elle interviewe Mao Tse-Tung dans les grottes du nord-ouest de la Chine qui abritent le QG communiste ; pendant la seconde guerre mondiale, elle deviendra journaliste à Chungking pour le Daily Express.

Fille du peuple, brodeuse, mariée puis divorcée, Suzanne Voilquin (1801-1877) est une journaliste virulente de la Tribune des femmes. A 33 ans, pour subvenir à ses besoins, elle prend des cours habillée en homme dans un hôpital militaire du Caire et devient sage-femme pendant une terrible épidémie de peste qui fait fuir ceux qu’elle ne décime pas, sauf elle. Pour comprendre la condition de ses « sœurs » musulmanes, elle devient sultane dans un harem. Quelques années plus tard, elle s’installe sept ans en Russie dans l’espoir d’éponger ses dettes en travaillant pour une famille d’aristocrates. En 1848, elle rejoint sa sœur à la Nouvelle-Orléans. C’est à Paris qu’elle mourra, dans la pauvreté.

A 18 ans, la vie d’Anna Leonowens (1834-1915) bascule quand elle rejoint sa mère en Inde, où elle s’installe avec son mari. Elle perd un premier enfant, et on lui prescrit un changement de climat : elle choisit l’Australie. A peine arrivée, c’est un autre nourrisson qui passe l’arme à gauche. Elle repart à Londres, puis à Singapour : deux ans plus tard, elle enterre son mari. Seule avec deux enfants, elle caresse le projet d’ouvrir une école européenne à Singapour. Le roi du Siam, séduit, installe l’école… dans le harem, et y fait admettre d’office les quelques 67 pupilles royales. Pendant 6 ans, Anna devra répondre aux caprices du roi pour lequel elle sera enseignante, secrétaire, traductrice et même concubine (sans succès !)… En 1867, sa santé étant au plus bas, elle sera enfin autorisée à partir ; ce sera la fin de son calvaire tropical.

Source : La Dixième Muse

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