Sur les traces des grandes exploratrices (5ème partie)



Dès le XVIIIème siècle, les médecins recommandent le climat chaud de l’Orient aux femmes à la santé fragile.



C’est ainsi qu’en 1717, lady Wortley Montagu (1689-1762) fuit le climat londonien peu favorable à sa santé et suit son mari en mission diplomatique, faisant fi des bonnes moeurs de la société anglaise, dans un périple qui la mène jusqu’à Istanbul, au coeur de l’empire ottoman. Dans ses lettres turques, elle décrit les femmes turques, les bains maures et les harems, qui excitent la curiosité des occidentaux et restent interdits aux hommes explorateurs. Séduite par l’apparente liberté des femmes orientales qui déambulent nues, elle leur offre en retour l’image d’une femme que son mari fait prisonnière d’un corset, perçu comme un instrument de torture.



Pour lutter contre la maladie, la cavalière émérite Isabelle Lucy Bird (1831-1904) choisit elle aussi le voyage; grâce à ses récits de voyages, elle finance ses expéditions. A 23 ans, elle part en Amérique, dans le Colorado réputé pour la qualité de son air. Dans les Rocheuses, la quarantaine passée, elle monte à cheval comme un homme, n’abandonnant ni son corste ni sa robe, même si elle dissimule sous ses jupes un pantalon. Cow-girl intrépide, elle prend pour amant un hors la loi borgne qui sera tué quelques mois plus tard. Elle met ensuite le cap sur l’Asie où elle visite le Japon, la Chine, le Vietnam et Singapour. A 60 ans, elle repart comme missionnaire en Inde, traverse le Tibet, la Turquie, la Perse et le Kurdistan, chemine de Bagdad à Téhéran. Son dernier périple en 1897 la mènera jusqu’en Chine et en Corée.



De constitution tout aussi "fragile", l’anthropologue Edith Durham (1863-1944), consacrera sa vie à voyager dans les Balkans, fascinée par la politique et la culture locale. Elle visitera pour la 1ère fois à 37 ans cette zone peu fréquentée et dangereuse. Elle sera aussitôt conquise et le coup de foudre sera réciproque, notamment en Albanie où elle deviendra la "Reine des Montagnes"



Valérie de Gasparin (1813-1894) accomplit avec son mari diplomate un périple au coeur du bassin Méditerrannéen : la Grèce, l’Egypte où elle découvre les harems qu’elle compare à des "cages dorées" et au "désert dans la vie", la Palestine avec la Bible comme guide, le désert du Sinaï, la Syrie, le Liban… Malgrè sa conception religieuse et raditionnelle de la famille, elle soutiendra l’émancipation des femmes d’Orient, notamment lors de son voyage à Constantinople.

Source : La Dixième Muse

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