Sonia Ruiz : 20 ans de consécration aux lesbiennes



Sonia Ruiz

Adjointe au tourisme et au secteur centre à la mairie de Toulouse depuis mars 2008, Sonia Ruiz, 59 ans, baigne dans le militantisme depuis toujours : politique par sa famille avec un père au parti socialiste espagnol, puis français féministe et lesbien depuis 1973.

D’abord par le biais de la Maison des Femmes, puis de Bagdam, dont elle fut l’une des cofondatrices, «pour affirmer une existence et une visibilité lesbienne.» Elle-même est entrée au parti socialiste assez récemment, en 2001, «estimant, en tant que féministe lesbienne, qu’à un moment donné il fallait traduire les idées en action.» Outre les questions touristiques, que connaît bien cette historienne de l’art, guide-conférencière et auteur d’ouvrages à succès sur Toulouse, le militantisme lesbien est toujours au cœurs de ses préoccupations. «Etre lesbienne, c’est un regard sur le monde, une posture de vie qui m’accompagne toujours.» Elle se réjouit de la récente reconnaissance de Bagdam Espace Lesbien par les institutions officielles, avec l’attribution de subventions par la Ville et le Conseil régional. Et se félicite particulièrement de l’attitude du nouvel édile de la ville rose passée à gauche, Pierre Cohen, "très lesbian-friendly» !

Bagdam, vingt ans consacrés aux lesbiennes

Six colloques depuis 2000, douze festivals du Printemps lesbien, Bagdam est devenu le symbole de la vie lesbienne à Toulouse… et bien au-delà. D’abord sous forme de Bagdam Café de 1989 à 1999 – premier et unique café entièrement non mixte dans l’hexagone – puis de Bagdam Espace Lesbien après sa fermeture. Plus de lieu donc, mais des publications (Espace Lesbien et Bagdam édition), et toujours de l’énergie à revendre ! Cent pour cent lesbien, tel est le credo des fondatrices de cette association qui entend être «un des lieux majeurs d’expression, d’initiative et d’échange des créations et de la pensée lesbienne», sans se soumettre aux «normes ambiantes». Avec «l’ambition non seulement de transformer la vie quotidienne des lesbiennes (politique intérieure), mais aussi d’imposer leur existence citoyenne (politique extérieure)».

A son origine, quelques lesbiennes féministes, issues de la Maison des Femmes de Toulouse (créée en 1976), Brigitte Boucheron, Jacqueline Julien, Sylviane Francesconi et Sonia Ruiz, qui ont voulu créer un espace qui leur soit plus spécifiquement dédié. Tout en revendiquant l’héritage du mouvement des femmes des années 70, dont la ville rose fut particulièrement partie prenante. Pour fêter son 20ème anniversaire, Bagdam a choisi de se pencher sur «L’Arme du rire/Larmes du rire» pour son colloque international d’études lesbiennes qui réunit des chercheuses et militantes de tous les pays. Quant au traditionnel Printemps, il propose de nombreuses manifestations (films, débats, concerts, expos…) en partenariat avec la cinémathèque, des librairies, l’université, etc Un festival en ville qui est l’occasion de se faire connaître dans toute l’agglomération. Avec désormais le soutien officiel de la municipalité et des institutions régionales. Une grande nouveauté à saluer.

Source : Têtue

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